Les Editeurs

Pour contextualiser l'ensemble, il est important d'étudier quels sont les différents éditeurs et photographes ayant réalisés ces clichés. Pour cela on peut remercier pour son extraordinaire travail Madame Marie Hélène Degroise et se rendre sur son Blog sur les Photographes d'outremer.

Vous trouverez ci dessous des informations liées aux principaux réalisateurs des cartes postales que vous trouverez sur ce site.

Charles ALBERT : Photographe professionnel, Charles Albert prend des vues des monuments et des sites archéologiques, du pavillon de la Tunisie à l’exposition universelle de 1900, car son atelier est d’abord installé à Paris. Il ouvre ensuite plusieurs annexes en Afrique du Nord. L’une est installée 3 rue Al-Djazira à la Porte de France, à Tunis, mais il existe aussi celle située 3 place de Chartres, et rue Rochambeau à Alger : sa raison sociale est indiquée sous la forme Phototypie Etabl. Photo Albert, 5 rue Rochambeau, Alger, mais les cartes postales peuvent être aussi éditées par d'autres, comme Laune à Philippeville, ou la collection Hoffner à Penthièvre. En 1890, un encart publicitaire précise : la plus belle et la plus récente collection de vues et de types de la Tunisie. Il publie des clichés sur les évènements tunisiens et participe en 1896 au récit sur l'assassinat par les Touareg du marquis de Morès à El Ouatia ; en 1897 il retrace l'inauguration du port de Sfax, en compagnie de Garrigues. De nombreux articles sur l'Afrique du Nord, parus dans la célèbre revue L'Illustration, sont illustrés de ses clichés dans les années 1890, notamment un portrait de Pierre Loti, réalisé à bord du "Formidable", au moment de sa réception à l'Académie française. En 1919 l’adresse indiquée par les cartes postales est Boufarik. Il vend des « vues et types de Tunisie », et aussi des vues de villes et villages de l’Algérie, ainsi que des appareils et des fournitures pour la photographie. Il a édité de nombreuses cartes postales sur l’Afrique du Nord sous le titre Collection Etoile-Photo Albert (EPA). Son atelier semble se développer (sous une autre direction ?) puisqu’il prend le nom d’Etablissement Photo Albert, en 1937. Durant cette même décennie, il a aussi été édité par Edition Gaston Sans. Les cartes postales qu’il édite à cette époque sont marquées du sigle EPA, qui a aussi été celui de « Editions Photo Africaines » (1 rue Feuillet à Alger). Il dispose de costumes indigènes pour la pose, ce qui indique qu’il fait des portraits de personnages costumés en studio. Il a sans doute employé de nombreux opérateurs, et ses clichés ont été utilisés dans un nombre très important de revues et périodiques divers

AquaPhoto LVS Paris Afrique occidentale et Algérie, entre 1904 et  1905. Atelier installé 25 rue de Trévise à Paris. Ces photographes professionnels sont surtout connus pour les innombrables cartes postales éditées d’après leurs clichés. Ils ont publié une série sur le Dahomey, mais ne semblent pas avoir travaillé très longtemps sur l'Afrique occidentale. Par contre on connaît de nombreuses cartes postales sur l'Algérie éditées d'après leurs clichés

Arabiantz, K ; Vorpérian, R ; Agopian, Pierre : Côte française des Somalis, Egypte, Ethiopie, 1905-1920. Photographe professionnel pour Arabiantz, d'origine arménienne, dont les clichés sont édités en cartes postales. Arabiantz et Vorpérian travaillent surtout en Abyssinie et à Djibouti, tandis qu'Agopian est installé à Alexandrie, en Egypte. Tous les trois légendent leurs cartes postales en français. Arabiantz a réalisé un excellent portrait de Taitou, la femme du négus Ménélick. Vorpérian, propriétaire d'un bazar à Djibouti, est seulement éditeur de cartes postales : il a pour insigne un dieu Apollon tenant une couronne de laurier et accoté à une colonne, dans une mandorle. Ses cartes postales sont marquées aussi : "R. Vorpérian éditeur". Les éditions tardives ne comportent plus l'insigne.

Assus Salomon (1850-1919) Peintre et illustrateur satirique, né en Algérie

Boumendil Nathan: Photographe professionnel établi à Sidi bel Abbès, Nathan Boumendil, né à Tiaret en 1866, est d'abord clerc d'huissier avant de devenir photographe. Il édite ses clichés en cartes postales sous l’intitulé Edit. Boumendil Phot. Sidi Bel Abbès. C'est encore ainsi qu'il signe ses clichés de l'occupation d'Oudjda (Maroc) en avril 1907. Mais, dans les années 1908-1913, Boumendil ouvre un atelier à Taourirt, réalise des clichés qu'il édite en plusieurs séries de cartes postales. De nombreux clichés concernent l’armée française et les opérations militaires de la campagne de 1911 et des années suivantes, dirigée par Lyautey (Taourirt, Bou-Denib, Taza). Il a également réalisé un reportage à l'hôpital de Nemours (Algérie) sur le travail du personnel de la Croix-Rouge au moment de l'expédition marocaine. Il a réparti ces clichés sur les campagnes au Maroc en plusieurs séries : "Evénements de la frontière algéro-marocaine (1906)", "Colonne du Haut-Guir (1908)", "Colonne de la Moyenne Moulouya (1915)". En ce qui concerne les vues de villes, de paysages, de monuments, elles sont éditées sous le titre général "La France au Maroc oriental". Des rééditions de ses cartes postales sont faites dans les années 1920. Lors des événements de la Moulouya, Boumendil n'est pas le seul photographe autorisé par les militaires à suivre le corps expéditionnaire : un autre photographe, Bourmaud, se trouve dans la Haute-Moulouya, et quelques uns de ses clichés, autorisés par l'autorité militaire, sont édités en cartes postales. En 1921, lors de la révolte du Riff contre Melilla, les clichés de Boumendil montre la présence de soldats espagnols en zone française, à Taourirt.

Chagny : Caricaturiste, imprimeur d’Alger qui éditait ses produits entre 1912 et 1922. Ces cartes postales se caractérisent par leur contenu hautement raciste.

D'Amico Emilio : D’Amico vend des « vues et types de Tunisie » ainsi que des appareils et fournitures pour la photographie, mais surtout, il est l’assistant des frères Neurdein pour la Tunisie. Il est installé avenue de France à Tunis comme libraire, mais il a photographié en 1907 les fêtes de Carthage. Sur Carthage, il édite aussi des clichés de Lehnert en cartes postales.

Caravano  A  - Algérie, 1910-1930. Photographe professionnel, installé place du Marché à Bougie, Caravano qui se donne comme raison sociale Photographie artistique, édite ses propres clichés en cartes postales sous le titre Collection Parfaite. A. Caravano, Photo-Editeur, Bougie. Il participe à l’exposition du centenaire de l’Algérie, à Oran, en y montant des photographies de la manufacture de tapis de Bougie.

Combier : Combier Imprimerie Macon ; Lauroy ; Marcel - AOF, Afrique du Nord, 1920-1944 . Des clichés de Marcel Lauroy ont été publiés dans la revue de l'Agence économique des territoires sous mandat Togo et Cameroun, dans les années 1929-1931. Son atelier s’intitule Photo-Maroc. Il produit des clichés sur l'Afrique du Nord (notamment le Sahara et le Maroc) et l’AOF, qu’il édite en grand nombre en cartes postales, à l'unité ou en carnets, à partir des années 1920. Combier est un imprimeur de Mâcon (Saône-et-Loire), qui commence dans les années 1920 non seulement à réaliser des reportages complets par territoires et par communes, mais à les éditer ensuite en cartes postales noir et blanc, puis en couleur. Il utilise aussi les clichés des photographes locaux, comme Prouho en Algérie. Son atelier devient une véritable entreprise qui intègre les trois étapes du travail, photographie, imprimerie, diffusion. Les cartes postales marquées du sigle CIM pour Combier Imprimerie Mâcon ont eu un quasi-monopole en France entre 1950 et 2000. L'entreprise est toujours en activité, et il va sans dire que de nombreux photographes y ont travaillé.

Craveya p :  Oran, 1901-1904. Photographe professionnel, installé 20 rue d’Arzew à Oran et possédant une succursale à Sidi-bel-Abbès, sous la raison sociale : P.Craveya, phot., Oran. Il édite ses propres clichés sur le Sud oranais, Aïn-Sefra, Tiout, Tlemcen, etc. Ces cartes postales sont sans séparateur au dos.

Imprimerie Desbonnet de la rue de France (Tlemcen) On recense  plus de 300 cartes postales anciennes de Tlemcen dont beaucoup ont été édité par les Imprimeries Desbonnet propriétés du Monsieur du même nom (Desbonnet). Les sujets traités sur ses cartes postales étaient surtout centrés sur le patrimoine architectural historique et urbain. Hormis, les cartes postales, les journaux traitant de Tlemcen et de son arrondissement sortirent de ces imprimeries (le Journal de l'Avenir).

Collection Idéale P. S    Satragno édit. Afrique, Proche-Orient, Turquie, 1900-1930. Collection de cartes postales sur l’Algérie, mais aussi sur d'autres pays d'Afrique, à partir de 1902 et jusque dans les années 1920-1930. Satragno et Le Deley ont édité également les clichés d'autres photographes, comme, par exemple, vers 1925 les clichés de mademoiselle Bacot, à Saïda. On trouve aussi des cartes postales signées E. Le D. Paris, en 1902, ou encore Elledé, ou encore pour le Proche-Orient et la Turquie ELD pour Le Deley. Des cartes postales en couleurs sont aussi éditées dès 1905. Il est possible que P. Satragno, comme E. Le Deley (qui sont à l'origine de la célèbre collection "Idéale P.S."), ait été lui-même photographe professionnel. Le Deley édite encore vers 1911 des cartes postales qui sont de véritables photographies, très soignées et esthétisantes. Il a fait dans les années précédentes une série de clichés sur les fouilles archéologiques de Carthage (avant la fête de 1907) qu'il a également éditée, mais en monochrome. Il édite des cartes postales sur le Proche-Orient vers 1920. Enfin, il a aussi publié les clichés de Müller, un photographe qui travaille aussi parfois pour les frères Neurdein. Il a enfin édité comme imprimeur-éditeur certains documents officiels de l'exposition universelle de Paris en 1900.

Marcellin Flandrin : L’intitulé de l’atelier de ce photographe professionnel est : Photo Flandrin Casablanca ; il est situé 128 rue Gay-Lussac, dans cette ville. Certains de ses clichés ont été publiés, notamment dans Le Monde colonial illustré. Il vend des photographies et édite des cartes postales (sous la marque Mars Photo Flandrin), possède des vues de l’Algérie depuis 1878, d’après les encarts publicitaires des annuaires. Il est spécialiste des vues de ville, de monuments et d’architecture en général, principalement au Maroc. Ses cartes postales sont parfois légendées en français, en anglais et en arabe. Il a suivi la 2e campagne du Maroc en 1914-1916. Il photographie aussi le raid aérien Casablanca-Toulouse en 1921, et certains de ses clichés sont publiés alors par L'Illustration. Après la campagne du Rif (1921-1925), il a sorti une série intitulée "Dans le Riff". En 1934, au moment de la mort de Lyautey, la célèbre revue L'Illustration sort un numéro spécial contenant plusieurs clichés de Flandrin représentant la résidence et Lyautey au Maroc. Parmi les reportages également publiés par cette revue, il y a aussi le voyage du sultan du Maroc de Marrakech à Tunis. Flandrin a noué des relations avec Latécoère et a pu réaliser des vues aériennes de Casablanca avec les avions de l'Aéropostale. L'atelier édite encore des cartes postales dans les années 1950, et Flandrin serait décédé en 1957.

Garrigues, Delsol: Photographe professionnel, Garrigues participe en 1884 avec Delsol à la mission archéologique Cagnat et Saladin. Son studio est installé 14 avenue de la Commission, puis 9 avenue de France, à Tunis. Il est le photographe officiel du bey, et c'est sans doute à ce titre qu'il édite le reportage de la visite officielle du président Loubet en cartes postales. Il a été récompensé par des médailles à l’exposition universelle de Paris en 1889, aux expositions de Tunis et Toulouse en 1898. Il vends des tirages, des albums et des cartes postales. En 1901, il est précisé : vente de « vues et types de Tunisie », ainsi que des appareils et des fournitures pour la photographie. Delsol travaille dans son atelier entre 1881 et 1884. Le studio est repris par Lehnert et Landrock, mais J. Garrigues s’installe alors 5 avenue de France, où il poursuit la vente de ses tirages et cartes postales. Il fait des reportages, comme l'inauguration du port de Sfax, en 1897, ou les fouilles de Carthage, utilisé en 1903 par la revue Autour du Monde. Un certain Marichal, déjà connu pour avoir publié des clichés dans Le Monde colonial illustré, dans les années 1882-1887, installé en indépendant 21 bis rue Al-Djazira, exploite son fonds à partir de 1908, date à laquelle il est donné comme son successeur : c'est Marichal qui illustre en 1890 un article paru dans L'Illustration, sur l'inauguration de la nouvelle cathédrale de Carthage. Les clichés de Garrigues ont été utilisés par de nombreux auteurs pour illustrer des articles dans de prestigieuses revues, des ouvrages scientifiques, comme celui des docteurs Rebatel et Tiran. Toutefois les cartes postales de Garrigues sur le palais du Bardo sont encore vendues en 1912.

Jean Geiser : il naquit en Suisse, arrive vers 1852 en Algérie à l’âge de 2 ans, Son père essaye plusieurs activités avant de se lancer dans la photographie avec l'aide de Antoine Alary, il meurt en 1854 et sa mère s'associe à A Alary pour continuer l'entreprise qui devient familiale. En effet les trois frères Geiser (Louis, James et Jean) vont faire de la photographie mais les deux aînés meurent assez jeunes entre 1868 et 1872. Antoine Alary est leur mentor, il délaissera la photographie vers 1868- 1870.  Jean-Théophile reprend le commerce familial tenu pendant 20 ans par sa mère en 1873, il épouse Juliette Ducros en 1874, neuf enfants naîtront mais quatre de ses fils mourront très jeune.  Elle le seconda admirablement au magasin lors de ses déplacements et appris même le métier et devint une grande professionnelle.

Il aime à parcourir le pays, rencontrer les gens et immortaliser des évènements. Il est un précurseur dans la carte postale et la photographie évènement destinée à la presse écrite. Son œuvre photographique est immense, de son salon 9 rue Bab-Azoun, il participe à plusieurs expositions et gagne de prestigieux concours, qui lui donnent une renommée nationale et quasi internationale. A partir de 1897 il se lance dans la carte postale, il possède un stock de photographies prise depuis 30 ans a été une aide vitale pour l'édition, les villes et villages ont peu changé durant le dernier quart du 19e siècle. Dans les scènes et types Jean Geiser semble avoir aimer passionnément photographier les "mauresques" visages féminins anonymes de prostituées en grande partie plus ou moins habillées et parfois en tenues folkloriques n'ayant rien à voir avec la réalité. Mais qui amusent et plaisent aux français métropolitains en voyage ou en mission comme les militaires. Il est un esthète, ses clichés sont d’une grande qualité, il éclaircit le pourtour de ses cartes postales pour mettre en valeur ses modèles

Grebert Pierre, Azan Paul, Grasset et Caloni : Les clichés de ces photographes, amateurs et professionnels, sont publiés dans : Journal du corps de débarquement à Casablanca à travers la Chaouïa, 1907-1908, par le capitaine Grasset, et dans Souvenirs de Casablanca par le capitaine Azan. Ce dernier, né le 22 janvier 1874 à Besançon, lieutenant au 2e régiment de Zouaves à Oran en 1900, est nommé capitaine en 1906. Il a photographié la campagne contre les Beni Snassen, au Maroc, en 1908, sous les ordres du général Lyautey : la reddition de leurs chefs à Lyautey donne lieu à une excellente photographie sur laquelle on reconnaît aussi le lieutenant-colonel Reibell, le colonel Branlière et, de dos, l'interprète Chareix. Il participe à la guerre de 1914-1918 et est plusieurs fois blessé. Il finit sa carrière comme général (nommé en 1928), chef du Service historique de l'Armée, et a publié de nombreux ouvrages, souvent préfacés par Lyautey, qui le fait entrer à l'Académie des sciences coloniales, ainsi que de nombreux articles, notamment dans le Bulletin de la Société de géographie et d'archéologie de la province d'Oran, ou encore dans le Bulletin de la Société de géographie d'Alger et de l'Afrique du Nord. Sa biographie est parue dans la Revue historique de l'Armée, en 1951, année de son décès à Lons-le-Saunier. Il est titulaire de la Légion d'honneur (chevalier en 1914, commandeur en 1935). Pierre Grébert est photographe professionnel, sous la raison sociale P. Grébert phot, Casablanca. Il a édité ses propres clichés de villes et monuments marocains en cartes postales, sous le titre "Le Maroc pittoresque" (vers 1917). Ceux relatifs aux opérations militaires forment plusieurs séries : "Campagne du Maroc (1907-1909)", et aussi "La colonne de Fez (1911-1912)". Il réalise de très beaux panoramas pour les paysages et des "scènes et types" au Sénégal. Le colonel Jean François Caloni, , né le 23 septembre 1859 à Collioure (Pyrénées orientales) appartient au corps du Génie : avec le grade de colonel, il est le chef du Génie du Maroc occidental. Il est commandeur de la Légion d'Honneur en 1914 (chevalier en 1892). Il est décédé le 15 janvier 1937 à Courbevoie (Seine).

Jomone Photographe professionnel installé 35 rue Modagor, à Alger, jusqu'en 1950, dont des clichés sont édités en cartes postales. C'est peut-être son fils qui effectue un reportage sur le voyage du général de Gaulle, en 1958 et son atelier est alors installé 2 rue Levacher. Il réalise de nombreux panoramas, en noir ou en couleur.

Lehnert et Landrock, Lambelet successeur Tunis, Le Caire, depuis 1899 et jusqu’à nos jours. Photographes orientalistes, spécialisés dans les types humains, les vues du désert et des oasis, Lehnert et Landrock ont repris à Tunis le studio de Garrigues, installé 9 avenue de France, en 1904, puis se sont installés au Caire en 1924. Lambelet, héritier de l’entreprise au départ de Landrock en 1938, a fait don de certaines plaques de verre au Musée de l’Elysée. A partir de 1908, les clichés sont édités en cartes postales de couleur, après quelques essais faits en 1904. Certains clichés sur la Tunisie sont édités à Tunis par Emmanuel d'Amico. Lehnert, le photographe, est d’origine autrichienne et Landrock, le commerçant, d’origine allemande. Les clichés du premier ne sont pas dénués de connections idéologiques, voire colonialistes. Les deux hommes se quitteront fâchés. Lehnert finit sa vie dans une oasis du sud tunisien, tandis que Landrock meurt en Suisse en 1966. Entre temps, le studio est repris par le beau-fils de Landrock, Lambelet qui le possède toujours.

Leroux, Alexandre, 1836-1912 - Algérie, 1876-1912, Né à Béziers en 1836, Leroux a signé de nombreux clichés sur l’Algérie, y compris des opérations militaires. Il achète son premier atelier en 1876 à Claude-Joseph Portier. Il s’installe ensuite 14 rue Bab-Azoun et ouvre une succursale place Bresson. Ses tirages sont numérotés et signés. Il est mort à Alger dans son atelier situé cette fois au 26 de la rue Bab Azoun en 1912. Il a « couvert » les manifestations antisémites de 1898, les funérailles du cardinal Lavigerie, et s’est illustré par de nombreux clichés sur Alger, sur Biskra et son oasis et sur les personnages typiques de la vie quotidienne algéroise, ou sur la pacification de la Kabylie en 1895 (portraits des chefs rebelles), et la création d'écoles dans cette région. En 1904, il est dans le Figuig, avec ses collègues Benayoun et Geiser, lors du voyage du gouverneur général Jonnart après la campagne militaire qui vient d'y être faite. Il est probable qu’il ait eu plusieurs collaborateurs dans son atelier algérois. Il a également édité des cartes postales et vendus des clichés réalisés par d’autres que lui. Un photographe professionnel nommé De Noter travaille avec Leroux au début des années 1900 et n'est sans doute pas son seul collaborateur. Alexandre Leroux utilise les services de petits photographes ou éditeurs à l'existence éphémère, dans les communes rurales pour diffuser ses clichés sous forme de cartes postales : L. Roux, édit., à Zeralda, en 1913 ; Melle B. Berthier édition, Veuve Waquez édition, Edit. C. Brunel, tous les trois à L’Arba ; Vielfaure édit. Alger ; L. Ramard edit. Cheradas. Il a reproduit en cartes postales des clichés de faits divers, ou d’évènements mondains, comme le mariage (en 1904 ou 1905) de l’ex roi d’Annam Ham Nghi (prince Ung Lich) avec la fille du président à la cour d’appel d’Alger, Laloé (5Fi4592 et 4593), cartes postales éditées par Treille et Moller. Nombre de ses clichés ont illustrés articles et publications diverses, sans que son nom soit forcément cité. Après son décès, ses fils ont poursuivi à fournir tirages et cartes postales d'après ses plaques de verre pendant plusieurs années.

Edition LL ou Neurdein frères : Lévy et Neurdein Les frères Neurdein sont des photographes établis à Paris, fils de Jean César Adolphe Neurdein, dit Charlet. Ils s’associent avec Léon et Lévy (L.L.), eux-mêmes successeurs de Ferrier et Soulier, pour éditer des cartes postales. Ferrier et Soulier ont un atelier à Paris dès 1859. Ferrier semble avoir été associé un temps avec un photographe anglais nommé Bingham et un autre Français nommé Lecadre : leur atelier était alors situé rue Larochefoucault à Paris. En 1860-1861, Ferrier voyage en Egypte et en Syrie. Cet atelier est racheté en 1864 par la société J. Lévy et compagnie. En 1894, la maison Lévy Fils et Cie Paris-Versailles édite en cartes postales un reportage sur l’exposition de Lyon. Ils ont une production importante, qui provient des achats faits auprès de collègues, comme Louis Relin, un photographe professionnel d'Alger, et leurs initiales sont présentes sur toutes les rééditions, y compris les plus tardives. Quant aux deux frères Neurdein ils ouvrent leur atelier en 1863 et se consacrent d’abord aux portraits pour Etienne et aux monuments historiques pour Antonin. En 1884, Louis Antonin devient membre de la Société française de photographie. Pour les cartes postales, Neurdein frères travaillaient à Tunis avec Emilio d’Amico, un Italien, libraire installé 15 avenue de France à Tunis, au début du XXe siècle. L’atelier a produit des cartes postales sur l’Afrique du Nord, à partir de 1902 et jusque dans les années 1930. Elles sont signées : ND Photo, ou Collection ND Photo. Ils éditent une carte postale « Tombeau d’une reine de Maurétanie » dans laquelle sont gravés les noms d’Alphonse Camusset et Müller. Dans les années 1930, on trouve en outre l'entreprise Lévy et Neurdein Réunis-44 rue Letellier, Paris, qui édite les clichés de Sandoz, puis enfin Neurdein frères, Imp. Crété, succ.-Paris-Corbeil. Les clichés de la maison L.L. ont été édités aussi à part chez Editions de luxe Desbonnet, Tlemcen (1926-1928) et par la Compagnie Alsacienne des Arts Photomécaniques-Strasbourg (CAP), entre 1924 et 1932. Enfin, entre 1916 et 1923 des clichés signés L.L. sont aussi édités par H. Séréhen, Editeur, Tlemcen. Il va sans dire que les nombreux clichés de la double maison Neurdein et LL ont été utilisés à foison dans des publications, de qualité diverse, à chaque fois que l’on a voulu illustrer des articles sur l’Afrique du Nord, et ce très tôt : ainsi le récit de voyage « de Biskra à Bône », du baron de Lage, en 1895, dans Autour du Monde, est-il illustré de clichés signés Neurdein. Lévy et Neurdein ont travaillé à leurs débuts pour les expositions universelles parisiennes de 1867 pour le premier, et de 1878 pour le second.

Louit Pierre Photographe professionnel dont le studio est installé 22 rue d’Italie à Tunis entre 1900 et 1905. Il édite aussi des cartes postales.

Maillet Maroc, 1908-1917 - Photographe professionnel qui a suivi les opérations militaires ayant pour fin l’installation du protectorat français au Maroc, en particulier la "Colonne des Taola". Il a édité de nombreuses cartes postales à partir des vues de ces événements qu’il avait prises, mais aussi des « scènes et types ». Il est installé sous la raison sociale : Maillet phot, Casablanca, encore en 1917.

Madon J, Algérie 1900-1904 Photographe professionnel dont les clichés sont parfois édités en cartes postales par Léon et Lévy (L.L.). Les légendes sont précédées du numéro de série et d’un numéro d’ordre, ce qui indique une production importante. Ainsi, les vues de Boufarik forment la Série 6 et datent de 1903. Madon a également photographié les ruines romaines de Timgad, tout comme Geiser, ou Maure, ainsi que de nombreux portraits de femmes et d'enfants.

Mody J-G ; Baudry P : Côte française des Somalis, Ethiopie, 1900-1920. J.-G. Mody est photographe professionnel installé à Djibouti ; son nom est parfois orthographié Modi. Il a beaucoup travaillé à Djibouti, mais pris également des clichés en Ethiopie. P. Baudry est sans doute également un professionnel mais qui ne travaille qu'en Ethiopie avant 1920. Il édite ses clichés en cartes postales, sous le nom "L'Ethiopie pittoresque".

Perrin, Deconcloit et Mounier. Deconcloit est photographe professionnel, installé 28 rue d'Arles à Tunis puis 10 rue de Hollande. Perrin est aussi à Tunis à la même époque et signe Photo Perrin, Tunis. H. Mounier possède un atelier à Bizerte. Ils publient des cartes postales de 1920 à 1937.

R Prouho Photographe professionnel qui a édité ses propres clichés en cartes postales. Il est peut-être décoré de la Légion d’Honneur. Il a obtenu une médaille d’or à Grenoble en 1925 pour sa collection artistique « l’Afrique ». Il a également été édité en 1927 par Edition Bendimered Jeune, Oriental Tabacs, et un peu plus tard par l’imprimeur-éditeur Combier à Mâcon (CIM). Une série a servi de publicité pour Agenda PLM-J. Barreau et Cie Paris.

Relin Louis  voir édition LL

Schmitt, P., puis Schmitt frères  Maroc, Sénégal, 1908-1917 Atelier de photographes professionnels installé à Rabat, où Philippe Schmitt est d'abord seul : sa raison sociale est alors P. Schmitt photo, Rabat. Il a publié sous le titre "Le Maroc illustré", ou encore "Collection artistique", les cliché pris à partir des années 1908-1910, sur les villes et monuments du Maroc, ainsi que sur les scènes et types. Il réalise un reportage sur Fez en 1911-1912. Quant aux opérations militaires, il les réunit sous le titre de "Postes et avant-postes du Maroc". On ignore à quelle date exacte son frère vient le rejoindre (peut-être vers 1913?). P. Schmitt s'est rendu au Sénégal : ses vues y ont été éditées en cartes postales.

Vollenweider, Guillaume Arnold, 1865-? ; Paul Théodore, 1859-? Algerie, Cameroun, 1893-1904.  Photographe professionnel installé 14 rue Bruce et 4 rue du Divan, à Alger, Arnold Vollenweider vend également des « vues et types de l’Algérie », peut être réalisés par d’autres photographes. Guillaume Arnold est né le 14 février 1865 à Berne (Suisse) où son père Jean Maurice est déjà photographe. Lorsqu’Arnold se marie à Alger, le 7 septembre 1893, il est déjà installé comme photographe ; et sa femme est également suisse. Les cartes postales qu’il édite à partir de ses clichés à partir de 1900 le disent photograveur, installé 4 rue du Divan, à Alger. L'album qu'il édite pour l'offrir au président Loubet lors de son passage à Alger se veut une comparaison entre l'Alger de 1830 et celui de 1903 : il contient donc des vues et tableaux prêtés par des personnalités, et des photographes dont Jean Moll et L. Thomas, et des reproductions plus anciennes dues à Otth et Berbrugger (le célèbre conservateur du musée d'Alger). Il est aussi édité par V.O. Vetter, pour ce qui concerne les cartes postales du Cameroun. Son frère aîné Paul Théodore est né à Berne le 20 octobre 1859 et s'est marié à Alger en novembre 1893, avec une demoiselle Borgeaud. On ne sait quelle a été précisément sa production, mais il signe Vollenweider-Borgeaud pour se distinguer de son cadet.

Valenza, Tunis, 1901 Photographe professionnel installé 24 avenue de France. Il vend des « vues et types de Tunisie », ainsi que des produits et appareils pour la photographie. Il est imprimé par les Editions de la librairie et papeterie du Phénix, C Saliha Ainé.